Exposition photographique « Âmes fugitives » par Moncef Kiddi

Moncef Kiddi 

Né à Casablanca en 2000, vit et travaille à Saint-Étienne. Artiste photographe et créateur visuel émergent, Moncef Kiddi façonne sa démarche artistique au croisement de sa rigueur scientifique initiale (licence en physique obtenue à Clermont-Ferrand) et de sa recherche en création contemporaine. Actuellement étudiant en Master en art numérique à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, il interroge à travers ses œuvres la notion de « fatigue moderne » et l’impact de la société de performance sur les corps et les espaces urbains.

Sa pratique oscille entre l’erreur chimique de la photographie argentique, dont il maîtrise l’ensemble du processus de création en laboratoire, et l’immersion technologique à travers des installations interactives (Max/MSP, dispositifs sonores et vidéographiques). Son travail met en lumière ce qu’on veut invisibiliser et le point de rupture psychologique et physique de l’individu contemporain.

L’exposition « Âmes fugitives » 

« Âmes fugitives » est une série qui met en avant deux recherches sur le sujet de la fatigue du temps moderne, chacun des deux projets reflétant une dimension particulière de cette fatigue.

La première recherche intitulée “faceless” expose les conséquences de l’individualisme extrême en milieu urbain : personnes, objets et endroits dont on détourne habituellement le regard et dont cette exposition permet d’affirmer l’existence. Les photos sont en noir et blanc et tirées sur agrandisseur (RC Multigrade). La matérialité argentique du grain représente ici l’humain fragile dans son besoin constant de soins et d’attention.

La deuxième recherche intitulée “cri de renaissance” prend la forme d’une mini-installation interactive qui représente la recherche d’efficacité et de perfection du système économique binaire qui régit notre quotidien. Face à cette violence, cinq voix, dont la mienne, décident de crier. Pas de peur, de colère ou de joie, mais plutôt comme un signe d’existence.

Pour cette performance, chaque cri a été photographié sur toute sa durée et enregistré. Cela permet in fine de grouper les voix de ces cinq individus étrangers l’un à l’autre pour créer une voix d’ensemble, une symphonie de cris comme outil de rupture avec cette fatigue du temps moderne.

« Âmes fugitives » est le titre de l’ensemble de ce projet qui considère les personnages de cette série photographique dans un face-à-face constant avec la mortalité de l’individu contemporain tant du point de vue physique que psychique. Ces « âmes » soumises à la fatalité du système capitaliste, fatiguées par la violence numérique et consumériste qui leur est infligée, ne peuvent être que « fugitives » et nous amènent à questionner notre vie quotidienne.

Le vernissage de cette exposition aura lieu le 8 octobre à 12h30.

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L’exposition itinérante sera accompagnée de deux ateliers d’initiation à la cyanotypie les 13 et 14 octobre à 12h30. 

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